samedi 13 mai 2017

La Bête du Gévaudan


Nous avons reçu aujourd'hui quelques exemplaires auteurs de notre dernier ouvrage : La Dévoreuse, le Gévaudan sous le signe de la Bête, 1764-1767, à paraître ce jeudi 18 mai aux éditions de Borée dans la collection Histoire et Documents. C'est une enquête historique qui permettra à ses lecteurs de prendre connaissance des faits avérés par les archives et de passer en revue les différents animaux suspectés, les différentes théories émises. Face à l'invalidité de celles-ci, nous avons dû faire table rase des précédentes recherches et partir à la redécouverte du coupable dans les archives historiques, jusqu'à la mise à jour d'un spécimen de la Bête que nous avons pu aller photographier hors de nos frontières dans le massif alpin.

Au-delà de la satisfaction de voir se concrétiser plusieurs années de recherche et du plaisir toujours renouvelé de voir une nouvelle aventure éditoriale aller à la rencontre du public, cet ouvrage occupe d'ores et déjà une place spécifique dans notre champ affectif personnel, pour de multiples raisons.

L'une d'elle est que cet ouvrage répond à un profond désir d'enfance. Il faudrait pouvoir consulter nos parents pour se rappeler à quel âge précisément nous avons été avec eux pour des vacances familiales qui passaient par la Lozère et les gorges du Tarn. Là, dans une librairie-papeterie d'une ville de de la région se trouvaient quelques présentoirs de cartes postales. L'enfant que nous étions s'était emparé de l'une d'elles. Il ne s'agissait pas d'une recette d'Aligot, d'une vue du viaduc de Garabit ou du Causse Méjean qui avait capté notre attention, mais une vieille gravure aux traits naïfs d'une chasse à la Bête du Gévaudan par le porte-arquebuse de Louis XV. Nous ne savions encore rien de ce long épisode tragique entré dans le patrimoine rurale de notre Histoire de France, mais il nous reste plus de trois décennies après cette évènement pourtant banal un souvenir de cette lecture qui aurait du rester fugace, une image de ce bref instant dans une librairie peut-être disparue aujourd'hui.

La Bête avait capté notre imagination d'enfant. Le nombre de ses victimes, les mystère qui entourait sa férocité, l'héroïsme de ses chasseurs et la véracité de l'épisode étaient autant d'ingrédients qui ne pouvaient que profondément marquer ce qui n'était encore qu'un imaginaire d'auteur en devenir.

Trente-cinq ans après  la lecture de cette carte postale, la publication de La Dévoreuse est une preuve que l'enfance est très longue à s'éteindre dans le coeur d'un homme. Puisque nos parents furent des déclencheurs involontaires de notre intérêt pour elle, et ses victimes majoritairement des enfants, c'est à eux que nous avons souhaiter dédicacer cet ouvrage sur la Bête du Gévaudan.


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