dimanche 17 mars 2019

Ma Douleur est sauvagerie - 17 avril 2019 - Les Arènes


J-30 !


Ouvrage publié sous la direction d'Aurélien Masson,
collection "EquinoX", Editions Les Arènes.

Sortie le 17 avril 2019



lundi 4 février 2019

La simplicité précieuse d'une amitié


Trois amis portant les couleurs de feu les Orcs de Châteauroux

Certains écrivent la légende du sport de haut niveau : Tom Brady a remporté cette nuit son sixième titre NFL d'une carrière phénoménale entamée en 2002 avec les Patriotes de la Nouvelle-Angleterre, qui lui a vu jouer pas moins de neuf finales en dix-huit saisons.

2002, ce fut aussi pour trois amis beaucoup plus modestes le début d'une tradition, celle de regarder désormais ensembles cette "super finale" du football américain professionnel, que chacun suivait avec plus ou moins d'assiduité depuis la fin des années 80, les années de notre adolescence et des débuts de beaucoup de clubs français, comme celui des Orcs, fondé en 1987. Des années commentées par Georges Eddy et Philippe Chatenay, où l'on regardait des résumés de matchs de 40 minutes sur une chaîne cryptée et où le QB invincible d'alors se nommait Joe Montana.

Notre légende à nous fut plus modeste. C'était celle des vestiaires trop petits et froids qui sentaient l'huile de chauffe, celle des pelouses pelées ou caillouteuses des stades superflus que les municipalités pouvaient consacrer à ce sport étrange, celle des spectateurs qui se comptaient sur les doigts d'une main, celle où l'attendait son premier gros "cachou" du match pour se libérer du trac et se mettre définitivement en jambes, celle des retours en bus des quatre coins de la France, marqués de bleus, souvent perclus de douleurs, où l'ambiance variait selon nos résultats de l'après-midi mais où il ne manquait jamais un ou deux increvables pour faire les cons dans l'allée centrale. 

Certaines rivalités étaient féroces, mais les autres clubs nous respectaient car les Orcs c'était souvent le strict minimum de joueurs sur la feuille de match, du double voire du triple plateau (il fallait jouer en attaque, en défense voire en équipes spéciales). Je me souviens d'un match à Orléans, dans un froid glacial de janvier. Triple plateau pendant toute la partie, nous avions dû équiper le kiné et un junior blessé pour faire le compte sur la feuille de matchs. En face, quarante joueurs prêts à nous marcher dessus pendant deux heures et demi, avec deux cents spectateurs et un commentateur dans les tribunes. Nous avons mené chez eux et arraché un nul inespéré qui valait toutes les victoires. A la mi-temps, nous étions tous rassemblés dans les douches, avec nos équipements fumants, collés les uns aux autres, cherchant la chaleur du groupe comme des manchots sur leur banquise. Sacré moment.

Maintenant que nous sommes dans la force de l'âge, nous sommes trop vieux pour ces âneries athlétiques mais on maintient la tradition télévisuelle. Dix-sept finales visionnées ensembles depuis 2002. On commente les commentaires, on parle d'autre chose quand la partie est médiocre comme celle de cette nuit. On ne refait pas le monde, non, on se contente du plaisir simple et pur d'avoir des amis et de passer quelques heures avec eux.

Merci à vous les gars et à l'année prochaine. En espérant que les Browns de Cleveland soient au Superbowl le plus tard possible.

jeudi 11 octobre 2018

A venir en 2019... Collection EquinoX (Les Arènes)

Contrairement à ce que pourraient penser les moins indulgents de nos lecteurs, nous ne sommes pas restés oisifs depuis la publication de La Dévoreuse.

Notre prochain roman s'appelle Ma Douleur est sauvagerie.

Une histoire de ré-ensauvagement au coeur de la forêt. Une lutte à mort entre l'homme et l'animal. Un cri mêlé d'amour et de désespoir.

A découvrir en 2019 au sein de la nouvelle collection de romans noirs d'Aurélien Masson aux éditions des Arènes : EquinoX. Entre ombres et lumières...









dimanche 2 septembre 2018

Le Prince d'Aquitaine - Christopher Gérard

Nos lecteurs attentifs et/ou fidèles se rappellent notre lecture assez enthousiaste du Vogelsang de C. Gérard (toujours disponible ici).
C'est avec grand plaisir que nous vous présentons aujourd'hui le nouveau roman de ce bel écrivain belge, qui s'attaque cette fois à un périlleux exercice de réminiscences personnelles sur fond de fresque familiale. Nous laisserons les explications sur le sens politique d'un tel panorama brossé au-travers du vingtième siècle à d'autres pour retenir surtout, une fois de plus, l'élégance de l'auteur. 
Loin des déboires putassiers de l'auto-fiction, épargné des écueils larmoyants et méritocrates de l'autobiographie officielle du people en vogue, Gérard nous livre avec ce Prince d'Aquitaine un récit d'une pudeur extrême, servi à la pointe non mouchetée d'un fleuret stylistique aux passes d'une pureté limpide.
Que ce soit pour évoquer ce grand-père foudroyé en 14 et qui choisit de se retirer du monde, tel un moine soldat broyé de son échec si précoce, pour esquisser de quelques traits ce père jouisseur dont la principale abomination fut cet égoïsme débridé si typique de sa génération de baby-boomers ou pour nous faire partager la tendresse des instants envolés avec une grand-mère lumineuse focalisant tel un prisme d'affection et d'amour les seuls instants humains d'une enfance trop vite écourtée par l'inaptitude des adultes, Christopher Gérard fait preuve d'une pudeur délicate et fragile qui l'honore, qui élève son récit et qui transperce l'âme de son lecteur. Entre sable et mer, dans la clameur populaire de la plage et des cris d'enfants, Gérard a su interrompre le temps et l'espace de notre lecture estivale pour nous transporter ailleurs, nous comprimer le coeur et nous faire venir des larmes naissantes qui, à l'image de son beau récit familial et personnel, sont restées contenues. Ultime élégance d'un auteur chez qui, plus que jamais, le style, c'est l'homme.

Le Prince d'Aquitaine, Christopher Gérard, éditions Pierre-Guillaume de Roux. En librairie depuis le 30 août 2018.

vendredi 24 août 2018

La Bête du Gévaudan : un nouveau loup servier identifié

Grâce à la pugnacité de Frédéric, l'un de nos lecteurs de La Dévoreuse, un nouveau document de choix a pu être mis à jour, qui vient s'ajouter aux nombreuses pièces à convictions du dossier déjà bien étayé du loup servier, ce canidé européen que nous avons sorti de son oubli lors de notre enquête sur la bête féroce de Margeride.

Ce document est un tableau de Pieter Brueghel le Jeune, un peintre brabançon de la Renaissance, et dénommée Le Bon Berger. Il est daté de 1616.


La scène apparaît déjà comme familière : un paysan isolé qui gardait son troupeau en zone montagneuse est attaqué par un animal qu'on pense être un loup, mais qui ressemble au premier coup d'oeil à une espèce de gros renard.



On note le mode opératoire de l'animal : celui-ci se jette à la gorge de sa proie tandis que ses antérieurs musculeux laissent des traces de griffes  dans les chairs de sa victime, alors que ni le chien ni le loup ne griffent leurs proies. Ce qui frappe bien sûr, c'est la tête triangulaire de l'animal, qui fait plus penser au renard qu'au loup, avec des oreilles implantées en arrière de part et d'autre d'un front plat.

Cette conformation de la tête est bien sûr à rapprocher du phénotype du loup servier identifié dans notre enquête, mais aussi de la forme de la tête du spécimen nommé Monstre du Valais et que nous avons été photographier en Suisse au muée de la Nature de Sion.


A gauche, le Monstre du Valais. A droite, un loup gris commun.
 
 Si l'on s'intéresse à l'animal de son ensemble, nous nous retrouvons face à une description quasi intégrale des caractéristiques qui permettent de classer un canidé comme loup servier :


On note aussi bien la couleur rousse que la raie noire sur le dos avec des amorces de rayures dans le cou, la couleur crème du ventre, la musculature des épaules, le ventre dit "levretté" dans le fond d'archives, la queue très distincte du loup commun et rayé de noir et de gris. On note aussi le dessous de la gueule blanchâtre, un détail attesté par de nombreux témoins et que l'on retrouve bien chez le loup servier suisse :


Même si c'est une vue d'artiste, ce tableau de Pieter Brueghel nous offre une description des plus caractéristiques du loup servier dans son biotope, et déroulant son mode d'attaque privilégié face à un humain isolé. 

Après la fresque du château de Fontainebleau où l'on voit le sieur de Rabutin abattre une loucerve au XVIe siècle et les gravures d'Oudry père et fils présenté dans La Dévoreuse, ce tableau constitue un nouvel élément du puzzle que nous avons réassemblé dans notre enquête.

Un grand merci à Frédéric P.